SASU ou EURL en 2026 : le comparatif complet pour faire le bon choix
SASU ou EURL ? C’est l’une des questions les plus fréquentes posées à un expert-comptable lors d’une création d’entreprise. Et pour cause : le choix entre ces deux structures va déterminer votre régime social, votre fiscalité, votre niveau de cotisations — et in fine, ce qu’il vous reste réellement en poche. Voici le comparatif complet, chiffres à l’appui.
Les fondamentaux : deux structures unipersonnelles aux logiques opposées
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) et l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) sont toutes deux des sociétés à associé unique avec responsabilité limitée aux apports. Leur différence fondamentale tient au statut social du dirigeant.
En SASU, le président est assimilé-salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale. En EURL, le gérant majoritaire est travailleur non salarié (TNS) : il relève de la Sécurité Sociale des Indépendants (ex-RSI).
Cette distinction unique entraîne des conséquences radicalement différentes en termes de charges sociales, de protection et de flexibilité.
Fiscalité : IS ou IR ?
Par défaut, la SASU est soumise à l’Impôt sur les Sociétés (IS). L’EURL peut opter pour l’IS ou rester à l’Impôt sur le Revenu (IR) — ce qui peut être avantageux en phase de démarrage si les bénéfices sont faibles.
L’IS présente un avantage clé : le taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices (en 2025), puis 25 %. La rémunération du dirigeant est déductible du résultat imposable — ce qui crée une marge de manœuvre fiscale importante.
Dividendes : le vrai avantage de l'EURL en IS
En EURL soumise à l’IS, les dividendes versés au gérant sont soumis aux cotisations TNS au-delà de 10 % du capital social — ce qui peut surprendre. En SASU, les dividendes ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux (17,2 %) et à la flat tax (12,8 %), soit 30 % au total, sans cotisations sociales supplémentaires.
Pour un dirigeant qui souhaite optimiser sa rémunération via les dividendes, la SASU est souvent plus avantageuse à partir d’un certain niveau de bénéfices.
Quel statut choisir selon votre profil ?
Vous démarrez et vos revenus seront faibles la première année
EURL à l’IR : pas de double imposition, fiscalité allégée en phase de démarrage.
Vous visez un fort niveau de rémunération dès le départ
SASU : les charges sociales élevées sont compensées par une meilleure protection et une grande flexibilité.
Vous souhaitez maximiser les dividendes
SASU : flat tax à 30 %, pas de cotisations TNS sur les dividendes.
Vous êtes profession libérale réglementée
EURL (ou SELARL) : certaines professions imposent des contraintes spécifiques. Consultez votre expert-comptable.
Vous envisagez d'ouvrir le capital à des investisseurs
SASU : structure plus adaptée à une future levée de fonds ou entrée d’associés.
Conclusion
Il n’existe pas de réponse universelle au choix SASU / EURL. La structure optimale dépend de votre niveau de revenus anticipé, de votre situation personnelle, de vos objectifs patrimoniaux et de votre secteur d’activité. Un mauvais choix de statut peut coûter plusieurs milliers d’euros par an — et il est souvent difficile à corriger a posteriori.
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